Photographier le réseau de transport du Mans : ma mission pour la Setram

Le centre de maintenance du tramway du Mans ne s’ouvre pas tous les jours. C’est là que les rames rentrent la nuit, se démontent, se réparent et repartent au petit matin. J’y ai passé une journée, au fil d’une mission au long cours pour la Setram, qui exploite les bus et le tramway du Mans. La commande : construire la banque d’images de tout un réseau, pour alimenter son dossier de renouvellement de délégation.

Banque d'images d'entreprise - tramway du Mans franchissant la Sarthe, Cité Plantagenêt en arrière-plan

La commande : couvrir un réseau entier, pas une journée

La Setram fait circuler les bus et le tramway du Mans. Quand vient le renouvellement de la délégation, il faut présenter un dossier qui montre la réalité de l’exploitation : les véhicules, les infrastructures, la maintenance, et surtout les gens qui font tourner tout ça.

D’où la commande : une banque d’images complète, couvrant l’ensemble des activités du réseau. Un fonds construit dans la durée, séance après séance, dans lequel la com’ pioche pendant des années. Un reportage photo au Mans sur une journée répond à un besoin ponctuel ; ici, il fallait tenir un périmètre entier sur la durée.

Le périmètre, justement : les rames de tramway sur les deux lignes, les bus, la navette électrique gratuite La Mancelle, les minibus Access qui transportent les personnes à mobilité réduite, le dépôt et son tunnel de lavage, le centre de maintenance, et les gestes du quotidien — valider sa carte à bord, contrôler les titres, monter, descendre.

Le centre de maintenance : le lieu qu'on ne voit jamais

Peu de photographes entrent au centre de maintenance du tramway, et aucun voyageur n’y mettra les pieds. C’est pourtant là que tout se joue : une rame qui roule tous les jours, c’est une équipe qui l’a démontée et remontée dans la nuit.

Une rame levée sur ses vérins, suspendue à un mètre du sol. Le tunnel de lavage, brosses en action, néons dans la vapeur. Ces lieux demandent du métier : grands volumes, éclairages mélangés, zones très sombres à côté de baies ouvertes sur le jour. J’y travaille comme dans n’importe quel environnement technique. Pour le client, ces images prouvent une compétence industrielle que personne ne voit de l’extérieur.

Banque d'images d'entreprise - pose lente à une station de tramway du Mans, voyageurs en silhouettes fantômes le long de la rame

Les poses lentes : le plus que personne n'avait demandé

Le cahier des charges ne le mentionnait nulle part. Sur les scènes de voyageurs, j’ai proposé des poses lentes en plein jour.

Le principe tient en une phrase : un temps de pose long même en plein soleil. Boîtier sur trépied, la rame reste nette, et les voyageurs deviennent des silhouettes étirées, presque graphiques. L’image montre alors le flux, la cadence, un réseau qui bouge. Bénéfice annexe pour un exploitant : une silhouette emportée par le mouvement pose beaucoup moins de questions d’autorisation qu’un visage net.

Ce sont ces photos que la Setram diffuse le plus sur ses réseaux. Elles étaient hors commande. Elles sont devenues la signature du dossier.

Les gestes du quotidien

Un réseau, ce sont aussi des mains. Une carte posée sur le valideur, le feu qui passe au vert. Un agent de contrôle qui remplit son constat entre deux stations. Un passant qui pique un sprint rue Berthelot pour attraper la rame. Ces images servent partout : réseaux sociaux, information voyageurs, recrutement.

1 an de travail

Un an, c’est plusieurs saisons et un seul regard. La lumière rase d’un soir d’hiver, la chaleur d’un quai en plein été, la pluie sur un pare-brise : de quoi publier toute l’année sans se répéter. La contrepartie, c’est la cohérence. Deux images prises à dix mois d’écart doivent tenir côte à côte sur la même page, mêmes partis pris, même colorimétrie.

Le reste tient à la méthode :

une liste d’activités validée au départ, cochée au fil des séances ;
chaque séance au bon moment : l’aube pour les prises de service, la nuit pour la maintenance ;
une livraison au fil de l’eau, classée et nommée, exploitable tout de suite.

Et une règle qui ne bouge pas : le réseau ne s’arrête pas pour moi. Je me cale sur l’exploitation et je photographie sans gêner ceux qui travaillent.

Ce qu'une banque d'images change pour une entreprise

Elle coûte moins cher qu’elle n’en a l’air, parce qu’elle sert plusieurs fois :

le dossier d’appel d’offres, avec des images à jour qui montrent l’entreprise telle qu’elle est ; le site et les réseaux sociaux, sans relancer un shooting à chaque besoin.
La marque employeur, dans un secteur qui recrute. L’interne : rapport d’activité, formation, signalétique, presse.

Un réseau, une usine, un site à documenter dans la durée ?

Je suis photographe et réalisateur basé au Mans, et j’interviens dans toute la Sarthe et au-delà. Un dossier à défendre, des équipes à valoriser, un fonds d’images à constituer : parlons-en.